Vin 1990

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Le millésime 1990 restera comme l'une des grandes années solaires du siècle : l'été le plus chaud depuis 1947, une sécheresse marquée, puis des pluies de septembre au bon moment. De cette chaleur naissent des vins mûrs, opulents et aboutis, avec une réussite d'une rare homogénéité. À Bordeaux, les rouges allient chair généreuse et tanins fondus, tandis que les liquoreux du Sauternais atteignent des sommets grâce à un botrytis (la « pourriture noble ») idéal. Le nord du Rhône signe des syrah d'une puissance rare et la Champagne l'un de ses plus beaux millésimes de maturité. Trente-six ans après, les meilleurs flacons sont à leur apogée. Le Château Pichon Longueville Baron 1990 et le Château Troplong Mondot 1990 figurent parmi les vins les plus complets de l'année. Pour situer 1990 parmi les grandes années, consultez notre Guide des Millésimes.

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Le millésime 1990, la réussite d'une grande année solaire

Peu d'années auront conjugué autant de chaleur et autant de régularité que 1990. L'été, le plus chaud depuis 1947, et une sécheresse levée par des pluies de septembre ont donné, presque partout, des vins mûrs et généreux plutôt que des vins de rigueur. C'est ce qui distingue 1990 : non pas une réussite isolée, mais une grande année complète, où Bordeaux, le Rhône, la Champagne et la Bourgogne signent chacun de très beaux vins. Pour l'acheteur, la logique est simple : viser les rouges mûrs de Bordeaux, les liquoreux du Sauternais et les syrah du Rhône nord, la plupart arrivés à leur apogée, tout en gardant les plus grands flacons encore quelques années.

Bordeaux 1990 — la chaleur solaire, des rouges mûrs et des liquoreux d'anthologie

À Bordeaux, la chaleur de l'année a mûri pleinement le cabernet sauvignon comme le merlot, et les pluies de septembre ont évité tout blocage. Il en résulte des rouges riches et charnus, à la matière veloutée et aux tanins fondus, très éloignés de l'austérité des années tendues : un style opulent, accessible, mais doté d'assez de structure pour une longue garde. La réussite couvre les deux rives, du Médoc à Saint-Émilion et Pomerol. Elle culmine surtout au Sauternais, où un botrytis idéal a donné des liquoreux d'une concentration et d'une pureté rares, parmi les plus grands de la fin du siècle.

Sur la rive gauche, Château Montrose et Château Margaux comptent parmi les références absolues de l'année, aux côtés d'un Château Grand-Puy-Lacoste qui incarne le Pauillac mûr et complet du millésime. Sur la rive droite, le Château Pavie à Saint-Émilion et le Château L'Église-Clinet à Pomerol illustrent la profondeur des merlots de 1990. Au Sauternais, le Château Lafaurie-Peyraguey, 1er Cru Classé, donne la mesure des liquoreux de l'année : liqueur opulente, acidité qui tient l'ensemble, potentiel quasi illimité.

Vallée du Rhône 1990 — le nord au firmament, la puissance solaire du sud

Le Rhône septentrional tient dans 1990 l'un de ses tout meilleurs millésimes modernes. La syrah y a atteint une maturité complète sans perdre sa fraîcheur, donnant des Hermitage et des Côte-Rôtie profonds, denses et bâtis pour des décennies. Au sud, la chaleur a produit des Châteauneuf-du-Pape amples et généreux, riches en fruit mûr et en alcool, d'une facture plus solaire encore. C'est une année où le nord vise l'excellence de garde et le sud le plaisir de table, sur des vins pleins.

Au nord, l'Hermitage La Chapelle de Paul Jaboulet Aîné s'inscrit parmi les grandes légendes de la colline, rejoint par les cuvées d'exception de Jean-Louis Chave et d'Auguste Clape à Cornas. Au sud, le Château Rayas à Châteauneuf-du-Pape signe un vin d'une finesse singulière, quand la Réserve des Célestins d'Henri Bonneau incarne la puissance charnue de l'appellation sur ce millésime.

Champagne 1990 — la maturité éclatante d'une grande année

La Champagne a rarement connu des raisins aussi mûrs : 1990 y est l'un des plus beaux millésimes de la fin du siècle, avec une maturité généreuse soutenue par une acidité élevée, à dominante tartrique, qui a préservé l'équilibre. Les cuvées millésimées de l'année allient la richesse du fruit mûr à une tension qui leur permet de continuer à gagner en complexité. Trois décennies plus tard, ce sont des champagnes de gastronomie, aux arômes patinés de fruits secs et de brioche, à pleine maturité.

Le blanc de blancs Salon Le Mesnil illustre au plus haut niveau la garde de l'année, sur une trame minérale que la maturité de 1990 vient enrober ; le Bollinger R.D. de l'année confirme, dans un registre vineux, la capacité de ce millésime à traverser le temps.

Bourgogne 1990 — des rouges profonds et charnus, promis à une longue garde

En Bourgogne, l'année chaude a donné des rouges à la robe soutenue, au corps plein et au fruit généreux, considérés comme l'une des grandes réussites rouges de la décennie. Les rendements élevés n'ont pas dilué la matière : les meilleurs climats de la Côte de Nuits offrent des vins puissants et structurés, qui se sont patinés sans faiblir. Les blancs, plus opulents, se montrent un cran en dessous et demandent d'être bus sans trop attendre.

Le Musigny du Domaine Jacques-Frédéric Mugnier illustre la finesse que les plus grands terroirs de la Côte de Nuits ont su préserver malgré la puissance de l'année, tandis que les grands crus de Vosne-Romanée et de Gevrey-Chambertin confirment la profondeur des rouges de 1990.

Potentiel de garde : les grands rouges de la Côte de Nuits demeurent vigoureux et tiendront encore de longues années ; les blancs sont à apprécier dès maintenant.

Loire 1990 — le cabernet franc de Saumur au sommet

La chaleur de 1990 a particulièrement servi les rouges de la Loire, qui peinent souvent à mûrir. Le cabernet franc y a gagné une chair et une profondeur inhabituelles, sur des vins de Saumur et de Saumur-Champigny d'une densité rare, sans perdre le fruit et le parfum de fleur propres au cépage. Ce sont des vins de garde, aujourd'hui recherchés par les amateurs de cabernet franc de long vieillissement.

La cuvée Le Bourg du Clos Rougeard incarne ce sommet : un vin dense et racé issu des plus vieilles vignes du domaine, devenu une pièce de collection prisée des connaisseurs, qui montre tout ce que la Loire pouvait produire dans une grande année solaire.

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Choisir 1990, c'est viser une grande année solaire arrivée à maturité : les rouges opulents de Bordeaux, les liquoreux d'exception du Sauternais et les syrah du Rhône nord en forment le cœur, complétés par des champagnes de gastronomie, de profonds rouges de Bourgogne et quelques flacons rares de Loire ou du Languedoc, à l'image du Mas de Daumas Gassac. La plupart de ces vins sont aujourd'hui dans leur plus belle fenêtre de dégustation.

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