Millésime 1974, un millésime décevant

par Lou Heriche
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Bordeaux 1974, quand la pluie gâche tout

Après un printemps plutôt banal, le mois de mai a débuté avec des pluies abondantes, suivies par le gel qui a touché certaines parties du Médoc le 8 mai. Malgré cela, les températures ont ensuite rebondi, permettant une croissance rapide des vignes. La floraison a débuté vers le 1er juin et à la fin du mois, les perspectives semblaient prometteuses. Cependant, dès le mois d’août, la vigne a commencé à montrer des signes de stress thermique. Heureusement des épisodes de pluie bienvenus sont intervenus fin août début septembre.

Malheureusement, le 21 septembre, un déluge s’est abattu, dissuadant les châteaux d’envoyer leurs vendangeurs et risquant de provoquer la pourriture des raisins. La majorité des cueilleurs sont sortis le 30 septembre, mais le temps est resté maussades, alternant pluies continues et brouillard matinal persistant. Les averses en septembre et octobre ont anéanti les espoirs d’un millésime qui aurait pu compenser les deux années précédentes, et une grande partie de la récolte s’est diluée. La qualité des raisins récoltés laissera à désirer, étant plutôt déséquilibrée, et le seul aspect positif sera la quantité.

Vignobles de Bordeaux
©️ Laurent Theillet

Bourgogne 1974, un millésime hétérogène

Comme pour le début des années 1970, la qualité des vins ne sera pas au rendez-vous. L’année commence relativement bien, avec des mois d’hiver sans gel. La floraison s’est plutôt bien passée, bien qu’on dénote quelques différences de maturité, laissant présager des défis pour les maîtres de chai.

Cependant, la suite a été tout le contraire de ces maturités inégales, avec des conditions plus rassurantes. L’été a été excellent, marqué par une chaleur abondante, mais malheureusement, tout a basculé avec un mois de septembre désastreux. Des pluies torrentielles se sont abattues sur les vignobles, rendant la tâche quasiment impossible durant les vendanges. Tant pour les vins rouges que pour les vins blancs, la qualité sera très moyenne, bien que les blancs s’en sortent légèrement mieux avec des jus un peu plus fruités. Le trop-plein d’eau dans les raisins a en effet apporté une acidité excessive à la vendange.

Vignobles de Bourgogne

Vallée du Rhône 1974, le sud s’en sort un peu mieux

Comme dans de nombreuses régions viticoles françaises, le millésime 1974 du Rhône n’a pas été favorable. Les pluies ont entravé une grande partie de la récolte, produisant des vins dilués. Peut-être que les vins du Rhône méridional étaient légèrement supérieurs à ceux du nord, mais aucun n’a atteint un niveau brillant.

Vignobles du Rhône en appellation Condrieu

Quelques beaux blancs de Condrieu se sont tout de même démarqués. Les meilleurs vins de cette année peuvent être appréciés assez rapidement, mais la plupart, voire tous, auront atteint leur apogée et ne pourront pas être conservés plus longtemps.

Champagne 1974, une récolte peu satisfaisante

La Champagne, tout comme de nombreuses régions de France, a été confrontée à des conditions météorologiques extrêmement changeantes tout au long de l’année. L’été a été marqué par une chaleur intense et une sécheresse, avec des pluies essentielles en août, mais malheureusement, de trop fortes précipitations sont survenues pendant la période de récolte. De fait, très peu de vins ont atteint un niveau d’excellence à leur sortie.

Côteaux de Pierry en Champagne
©️ Claude Mandois

Notre sélection du millésime 1974

Dans ce millésime si difficile, nous vous recommandons les meilleurs châteaux et domaines, leur savoir-faire et la qualité de leur terroir ont permis de sauver les meubles, à ce titre nous vous suggérons :

CHÂTEAU MOUTON ROTHSCHILD 1974

Noté 97/100 par Doctorwine

« Je n’avais pas goûté un Mouton Rothschild aussi convaincant depuis des années. La couleur rouge est joliment intacte avec seulement quelques notes de brique sur le bord. Les arômes sont décidément vieillis en bouteille avec des notes de sous-bois, de champignon fin, de truffe noire et d’épices fortes. Très poivré. La bouche est intense, expressive, assortie et stimulée. »

Dégustation avril 2016

DOMAINE DE LA ROMANEE CONTI 1974

Noté 89/100 par Allen Meadow – Burghound

 « Briqué de part en part. Le nez expressif est composé de notes de sous-bois, de nombreuses épices et de nuances de bois de santal qui ne présentent qu’une trace de moisissure à l’arrière-plan. Les saveurs plus légères sont pleinement mûres et, fait intéressant, les tanins habituellement rigides et astringents sont en grande partie résolus sur la longue finale joliment complexe et sournoise. Ce vin n’est pas techniquement parfait et n’est en tout cas pas un grand LT, mais c’est un très bon ’74, et particulièrement à 45 ans ! »

Dégustation avril 2019

CHATEAU RAYAS Rouge 1974

Noté 84/100 par Wine Spectator

« Un beau rouge mi-corsé, avec une texture douce et des notes de cassonade, de cannelle et de fruits rouges. »

Dégustation décembre 1999

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